Une jeunesse de Marcel Proust

Une jeunesse de Marcel Proust

by Evelyne Bloch-Dano

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Overview

Qui n’a jamais entendu parler du questionnaire de Proust ?
Les réponses de l’écrivain ont traversé le temps et fait le tour  du monde. On a oublié qu’elles provenaient d’un album  intitulé Confessions, appartenant à Antoinette Faure, la fille  du futur président de la République.
En participant à ce jeu de société à la mode, Marcel Proust  ne se doutait pas qu’il livrerait des indices sur l’adolescent  qu’il était. Ses réponses ont été commentées. Mais jamais  contextualisées ou comparées. Jamais datées avec exactitude.
De Gilberte aux Champs-Élysées à la petite bande d’Albertine  et des jeunes filles en fleurs, quelles traces ont-elles laissées  dans son oeuvre ?
Évelyne Bloch-Dano a mené l’enquête. Elle est parvenue  à identifier les autres amis de l’album d’Antoinette. C’est  alors tout un monde qui a surgi, celui des jeunes filles de la  bourgeoisie de la Belle Époque. Quelques garçons aussi. À
travers leurs goûts, leurs rêves, s’est dégagé le portrait d’une  génération. Celle de Marcel Proust.

Product Details

ISBN-13: 9782234075856
Publisher: Stock
Publication date: 09/20/2017
Series: La Bleue
Sold by: Hachette Digital, Inc.
Format: NOOK Book
File size: 2 MB

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CHAPTER 1

Portraits

Si l'on avait dit à la jeune Antoinette Faure que la seule image qui resterait d'elle un jour serait cette photographie du parc Monceau au côté d'un Marcel Proust à la silhouette enfantine, un mouchoir à la main! Élégant avec son col blanc, sa lavallière en soie noire et son canotier à rayures, mais si frêle, avec son air un peu souffreteux ... C'est le printemps. A-t-il eu une crise d'asthme ce jourlà? Un simple rhume des foins? Au premier plan, un garçon robuste à casquette et veste de pensionnaire, tenant une badine. Un camarade de classe, sans doute, aux joues pleines et au regard bougon. Antoinette se tient bien droite, légèrement en retrait, ses mains gantées appuyées sur son ombrelle. Elle est plus grande que Marcel, et son visage sérieux, son chapeau de dame, sa veste un peu serrée à la taille qui laisse deviner un début de poitrine, sa jupe bouffante sur ses bottines donnent l'impression qu'elle est beaucoup plus âgée. Pourtant, ils n'ont que quelques mois d'écart, nés tous les deux en cette terrible année 1871, elle en février, lui en juillet. Une frange brune, les yeux bleu-gris, les sourcils bien dessinés, les traits réguliers, la taille souple et mince: une jeune fille déjà, et lui encore un enfant, à cet âge où les filles mûrissent souvent plus vite que les garçons.

« Mais, je reconnais mon chapeau, je reconnais ma robe ... mais il n'y a aucun doute, c'est bien moi! » s'exclama un jour Antoinette Faure, devenue Mme René Berge, en apercevant par hasard cette photographie dans un numéro de la revue Conferencia. Malheureusement, elle ne donna pas de précisions. Mais au dos de la photographie, Marcel Proust avait noté de sa main: « Mai 1886 au Parc Monceau. » Les deux adolescents ont donc 15 ans. Une période difficile pour Marcel. Fin décembre 1885, il a quitté le lycée Condorcet à cause de sa santé fragile, il ne reprendra les cours qu'à la rentrée suivante, en redoublant sa classe de seconde.

Deux autres photos, prises par Paul Nadar le 24 mars 1887, montrent Marcel Proust avec le même col blanc, la même lavallière, la même veste élégante. Le visage ovale est grave, le regard profond et doux: un travail de professionnel, en studio, retouché mais saisissant la subtilité, la maturité de ce visage aux traits fins. Un garçon de 16 ans, moins éclatant de beauté que son jeune frère Robert photographié le même jour, mais à la personnalité plus intrigante.

Encore une image: une photo de classe prise au lycée Condorcet, alors qu'il redouble sa classe de seconde, quelques mois après le parc Monceau. Le collégien assis à côté de lui semble être le même que celui du parc Monceau: même visage poupin, même uniforme de pensionnaire. Marcel paraît très pâle, ses mains aux doigts maigres, bizarrement tordues l'une contre l'autre comme si toute son angoisse s'y était réfugiée. Son expression me bouleverse. À cause de ce mélange de souffrance et de volonté de la surmonter, peut-être? Il est assis au premier rang, le dernier de la rangée, à gauche. Il a toujours son grand col blanc mais a fourré sa cravate sous sa veste.

Marcel et Antoinette habitent non loin l'un de l'autre, à proximité du parc Monceau, elle au 31 de la rue de Lisbonne, lui 9 boulevard Malesherbes, entre Saint-Augustin et la place de la Madeleine. Des enfants des quartiers bourgeois, aux immeubles neufs construits pour l'hygiène et le bien-être de la classe favorisée à laquelle ils appartiennent.

Adrien Proust est professeur de médecine, une autorité dans son domaine. Et Félix Faure, le père d'Antoinette, député. Tous deux sont issus d'un milieu modeste, exemples de la méritocratie qui a porté aux sommets des jeunes gens pauvres mais doués et travailleurs. Adrien Proust a gravi un à un les échelons qui l'ont mené de l'épicerie de sa mère au mandarinat. Agrégé de médecine, chef de service, professeur d'hygiène à la faculté de médecine, spécialiste de la protection contre les épidémies, en particulier de choléra, il est nommé en 1884 inspecteur général des services sanitaires.

Les débuts dans la vie de Félix Faure, eux, évoquent un roman d'apprentissage. Fils d'un petit fabricant de chaises du faubourg Saint-Antoine, il a appris la tannerie, d'abord simple apprenti à Amboise, puis commis au Havre dans un commerce de peaux, avant de créer sa propre entreprise et de devenir, au fil des ans, armateur, l'un des plus riches négociants de ce port en pleine expansion. Parallèlement, il a mené une carrière politique dans les rangs des Républicains, au sein de la municipalité, puis en briguant la députation. Élu en 1881, à 40 ans, il est nommé sous-secrétaire d'État aux Colonies dans le gouvernement du radical Gambetta, et deux ans plus tard, dans celui de Jules Ferry. Jouant à la fois de ses origines et de ses réseaux, cet homme élégant, à la haute stature, à la moustache conquérante, au contact chaleureux, incarne à la perfection l'homo politicus de la III République. Hélas! Tantd'efforts pour que la postérité ne garde de lui que le souvenir égrillard de sa mort à l'Élysée dans les bras de sa maîtresse, Marguerite Steinheil. Mais n'anticipons pas. À l'époque qui nous intéresse, il n'est pas encore président de la République. Il s'en faut d'une dizaine d'années. Gageons que nul, pas même lui, ne l'imagine.

Quant à Jeanne Proust et Berthe Faure, les mères de Marcel et d'Antoinette, elles viennent de deux univers différents. La première est issue d'une famille d'Israélites, comme on dit alors, les Weil, qui ont fait peu à peu leur chemin dans la société française. Un monde sépare cette belle femme brune à l'esprit affûté, Parisienne cultivée, musicienne accomplie, qui lit en plusieurs langues, court les expositions, de la provinciale pieuse, au physique enrobé de dame patronnesse, à la conversation plate, dit-on, un peu naïve mais simple et généreuse, « une des femmes les plus excellentes, pleine de tact et de délicatesse » pour Louis Nordheim, un ami de longue date de son mari. Née à Amboise où elle a rencontré le beau Félix, Berthe est la petite-fille et la nièce des Guinot, maires successifs de la ville. Son histoire dramatique semble tirée des Scènes de la vie de province de Balzac.

Son père, un notaire véreux de Tours, a emprunté des sommes importantes et commis des faux avant de fuir en Espagne en abandonnant sa femme, enceinte de deux mois. Condamné par contumace à vingt ans de travaux forcés, il meurt à Pampelune. Berthe sera élevée par ses grands-parents. Mais cet épisode resurgira à deux reprises dans la vie de son couple: la première, lorsqu'un certain Barat, garant de l'escroc, réclame, des années plus tard, le montant de sa caution au gendre devenu un négociant aisé. Félix Faure assimile sa demande à une tentative de chantage et menace de porter plainte. Affolé, l'homme renonce. Neuf ans plus tard, Félix Faure devenu en 1895 président de la République, le fils de Barat retente la même manœuvre. Avec le même résultat. Mais, dépité, il livre l'affaire au journal de Drumont, La Libre Parole, escomptant un scandale. Une partie de la presse s'en empare dans l'espoir d'obtenir la démission du président récemment élu. Prenant les devants, celui-ci révèle la totalité de l'histoire au Figaro et au Gaulois qui en font leur première page. Ces attaques injustes et l'attitude digne de la famille Faure lui vaudront finalement la sympathie du public.

Au-delà de leur personnalité, Mme Proust et Mme Faure ont malgré tout des points communs. Leur dot n'a pas été étrangère à leur mariage, contrebalançant leurs origines: une riche héritière juive pour le médecin en pleine ascension, une jeune fille de la bourgeoisie mais marquée par une tache originelle pour le jeune négociant ambitieux. Elles incarnent toutes deux les vertus de l'épouse dévouée d'un homme d'élite, telles que l'époque les imagine. Soutien inébranlable, fidélité malgré les écarts de ces messieurs, intelligence des situations, ces parfaites maîtresses de maison sont d'autant plus casanières que leurs époux, par goût et par nécessité, parcourent le monde. Elles tiennent salon, même si « les jours de Mme Faure se distinguent par leur terrible ennui », la conversation se limitant « aux questions concernant la santé des parents, enfants, cousins et cousines des visiteurs », selon le même Nordheim. Mais un négociant hambourgeois est-il le meilleur juge d'un salon parisien? Jeanne le fréquente régulièrement. Son carnet d'adresses montre qu'elle continuera après la mort de Félix Faure, quand Berthe aura quitté l'Élysée pour l'avenue d'Iéna. Même si cette dernière est connue pour sa dévotion à son mari, n'imaginons pas que ces épouses soient des béni-oui-oui, comme le montre, par exemple, leur prise de position favorable à la révision, au moment de l'affaire Dreyfus, à l'opposé de celle de leurs conjoints ... On sait le rôle assez lamentable que joua Félix Faure, alors président de la République, et destinataire du célèbre J'accuse d'Émile Zola. Selon Marcel Proust, « le peintre Rolle, ami de l'Élysée, affirme que Mme Faure, très dreyfusarde, s'enferme avec lui pour lire les bons journaux, mais que M. Faure et Lucie sont très contre ». Chez les Proust, la mère et ses deux fils s'opposent au père antidreyfusard à qui est adressé, non sans ironie, ce « potin » (sic).

Un autre sujet les rapproche: leurs enfants. L'une est mère de deux filles, Lucie et Antoinette, l'autre de deux garçons, Marcel et Robert. Les plus jeunes ne posent aucun problème. Robert est un garçon plein de vitalité, bon élève à l'esprit scientifique, qui marche sur les traces de son père. Antoinette, nous ferons sa connaissance un peu plus tard. Disons déjà qu'elle apparaît comme une enfant très vivante elle aussi mais un peu éclipsée par son aînée.

Lucie, de cinq ans plus âgée, est une fille à l'intelligence précoce, cultivée, musicienne et douée pour l'écriture. Son caractère bien trempé et son esprit indépendant donnent parfois du fil à retordre à Mme Faure. Lucie adore son père dont elle est très proche. Dans un texte écrit après la mort de celui-ci, elle évoque ses souvenirs:

« À midi tu rentrais du bureau, la tête haute, le pas allègre, tu montais gaiement l'allée principale, cherchant à nous voir, à travers les croisées, et tu apportais de la joie, de la lumière, de la vie!

Je guettais ton retour: Papa! C'était le bonheur qui rentrait. Je me précipitais au-devant de toipour t'annoncer que j'avais eu une bonne note à ma leçon. »

Il lui apprend à être courageuse, à vaincre sa peur du noir ou de la mer, lui offre des cadeaux, une belle poupée qu'il tient sur ses genoux, une ombrelle bleu pâle ou un volume de Jules Verne. Il l'emmène se promener dans les rues du Havre.

Même s'il faut faire la part de l'idéalisation, cette évocation nous montre que Félix Faure se soucie de l'éducation et du bonheur de sa fille. Plus tard, il l'emmène en voyage à l'étranger et écoute avec attention ses remarques. Le journaliste Paul Bluysen, qui les croise pour la première fois lors d'un voyage officiel de Sadi Carnot en Corse, décrit ainsi ces mystérieux « globe-trotters »: « Très grand, large d'épaules, vêtu d'un complet anglais de couleur, il portait un feutre tyrolien sur l'oreille, un monocle à cordon s'encastrait dans son orbite ou se balançait sur son gilet; il avait, enfin, des guêtres blanches! La dame était également de haute stature, la taille bien prise dans une redingote également anglaise, le feutre également tyrolien un peu incliné, la chevelure enveloppée d'une gaze bleue qui cachait ses traits. » Père et fille voyagent comme un couple d'estivantséclairés, « d'un pas léger de personnages parfaitement heureux de leurs loisirs, sans autre préoccupation que de regarder le bleu turquoise de la promenade des Sanguinaires et de rechercher les innombrables souvenirs napoléoniens ».

Lucie Faure tire de ces voyages des récits qui révèlent sa curiosité et son sens de l'observation. À 22 ans, par exemple, elle accompagne son père dans un périple officiel en Algérie et en Tunisie. Ses souvenirs, illustrés par des dessins du peintre Georges Clairin, fourniront la matière de son premier livre, Une excursion en Afrique, témoignage d'une jeune fille sur une France coloniale qu'elle découvre, fascinée. Sa passion pour l'Orient et pour les voyages ne se démentira pas. Quelques années plus tard, elle publie aussi des Promenades florentines, description appliquée des richesses artistiques de la capitale toscane. Ce sont ses premiers pas d'écrivain. À l'Élysée, elle jouera un rôle essentiel, à la fois dans la gestion du palais, et comme une conseillère semiofficielle du président. Très active dans les œuvres de bienfaisance, fondatrice de la Ligue fraternelle des enfants de France, elle inaugurera avec sa mère la tradition des « premières dames » à la fois ambassadrices de la présidence et dames patronnesses. Une intellectuelle à l'Élysée? Autoritaire, dit-on. Sa forte personnalité déconcerte. On la surnomme « la Grande Mademoiselle ».

Mais l'aînée des sœurs Faure est la fille chérie de son père, sa complice. On ne s'étonne pas que, pendant longtemps, elle ait refusé tous les prétendants, sujet de galéjades pour la presse. Elle a depuis longtemps coiffé les catherinettes. « Ma fille est une personne qui, sans être entêtée, a ses idées, elle ne se mariera pas comme beaucoup de jeunes filles; d'un côté, j'en suis ravi, mais je voudrais la voir casée », écrit ce père attentionné à son ami Louis Nordheim.

Mme Proust pourrait dire la même chose de son Marcel, son petit loup. Une égale complicité les unit, amplifiée par la maladie du garçon. L'asthme s'est violemment déclaré au cours d'une promenade au bois de Boulogne quand il avait 9 ans. Sa scolarité est irrégulière, sa santé toujours menacée. Leur dépendance réciproque, la fragilité de Marcel, son excessive sensibilité, sa personnalité atypique en font un sujet d'inquiétude perpétuelle pour cette mère protectrice.

Entre Berthe Faure et Jeanne Proust, bien des confidences furent sans doute échangées. Ont-elles envisagé d'assortir Marcel non pas à Antoinette, comme l'affirme Céleste Albaret, mais à Lucie malgré leurs quelques années d'écart? En théorie, ces deux célibataires épris de littérature et d'art avaient tout pour s'entendre. Une femme énergique et généreuse aurait veillé sur Marcel, dut penser Jeanne Proust qui appréciait particulièrement l'aînée des sœurs Faure. Une lettre à Lucie reflète leurs affinités. Il y est question du Conservatoire de musique et de Saint-Saëns que, malicieuse, elle écrit « Cinq-Saëns », du Louvre, de littérature ... et de Marcel dont sa mère se moque gentiment:

« Ce même Marcel me dit "Comment trouves-tu ces vers de Sully Prudhomme?" – "Je ne les aime pas beaucoup" – "Ils sont de moi – et ils sont ravissants." –

(Et la grande raison c'est que j'en suis l'auteur, mais voyez donc la chose arrivant avec un vrai auteur, non parent). »

Ce garçon cultivé (pas encore un « vrai auteur » pour sa mère) aurait peut-être convenu à Lucie, dont on racontait qu'elle avait repoussé unprétendant brillant qui n'aimait pas la Victoire de Samothrace! Mais les choses ne se firent pas – si elles furent jamais envisagées – et les parents se résignèrent.

CHAPTER 2

Le Havre-Paris-Le Havre

Au dos de la couverture de l'album qu'on vient de lui offrir, la fillette de 13 ans a soigneusement calligraphié son nom: Antoinette Félix-Faure, une date: 1884, et deux adresses: « 31 rue de Lisbonne Paris » et « 121 Bd François I Le Havre ». Ces adresses sont déjà une indication sur l'état d'esprit d'une enfant dont Le Havre est la ville natale et Paris, le lieu où les fonctions de son père ont appelé la famille. Cette double appartenance est constitutive de l'organisation familiale, et parfois des crises qui la troublent. Comme tous les députés, Félix Faure se doit à la fois à sa circonscription et à l'Assemblée. Depuis qu'il est sous-secrétaire d'État, Paris a pris le pas sur la maison du Havre.

En juillet 1882, en effet, les Faure ont emménagé 31 rue de Lisbonne, dans le 8arrondissement. À cette date, la famille se partage encore entre Paris et Le Havre où Lucie et Antoinette ont grandi, où elles ont la plupart de leurs amies. L'immeuble parisien se situe à la conjonction de trois rues, la rue de Lisbonne, la rue de Téhéran, la rue Mollien. Deux grandes portes cochères, une cour, et une superficie au sol de 850 mètres carrés, un sous-sol, un entresol et trois étages, des chambres mansardées: cette construction cossue, qui abrite le marquis d'Alta Villa ou le sénateur d'Indre-et-Loire, le banquier Eugène Goüin, est digne du député et sous-secrétaire d'État Félix Faure. Cinquante-cinq chambres de domestiques – plusieurs par famille – auxquelles on accède par l'escalier de service, une sellerie, cinq larges remises pouvant chacune abriter neuf voitures, quatre chambres réservées aux cochers et huit écuries pour loger dix-sept chevaux disent assez le train qu'on mène dans l'immeuble. N'oublions pas le parfum champêtre des greniers à foin et le trou à fumier aménagé dans la cour. L'odeur des chevaux a été remplacée par celle des gaz d'échappement mais l'immeuble existe toujours.

(Continues…)



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