Sa mère

Sa mère

by Saphia Azzeddine

NOOK Book(eBook)

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Overview

Marie-Adélaïde, née sous X, a la rage au ventre  ; elle a un destin, mais ne sait pas encore lequel. Pas celui de caissière à La Miche Dorée. Pas non plus celui de ses rares copines, certaines connues en prison, d’autres camarades de galère et d’errance. Serait-ce celui de nounou des enfants impeccables de la Sublime  ? Ou celui de retrouver sa mère coûte que coûte  ? Son destin, elle va le chercher avec les moyens dont elle dispose  : le culot, la parole qui frappe, l’humour cinglant, l’insoumission à son milieu, la révolte contre toutes les conventions. C’est une héroïne de notre temps.

Product Details

ISBN-13: 9782234082045
Publisher: Stock
Publication date: 08/23/2017
Series: La Bleue
Sold by: Hachette Digital, Inc.
Format: NOOK Book
File size: 663 KB

About the Author

Saphia Azzeddine, née en 1979, est l’auteur, entre autres, des remarqués Confidences à Allah (Léo Sheer, 2008) et Combien veux-tu m’épouser ? (Grasset, 2013). Elle a publié chez Stock Bilqiss, qui a été un beau succès de librairie et Sa Mère en 2017.

 

Read an Excerpt

CHAPTER 1

Porter une toque à la caisse de La Miche Dorée quand on a une oreille tatouée et l'autre ultra percée, c'est d'une infinie tristesse. Le job ne va pas avec le parcours. Les excentricités corporelles deviennent grotesques dans une boulangerie où, pour deux baguettes achetées, la troisième est offerte. Les excentricités corporelles sont fatales quand, en plus, la miche dore en zone industrielle.

C'est là-bas que je travaille, entre Trésors du Monde et Mademoiselle Coquine. C'est donc aussi là-bas que je m'habille et que j'ai décoré mon minuscule studio. J'y déjeune quatre fois par semaine et le vendredi, je m'accorde un dépassement de budget à la Pizza Del Arte grâce à leur formule spéciale week-end. Le soir, j'ai de la chance, mon bus est direct jusque chez moi. Enfin ce n'est pas vraiment chez moi, c'est chez une copine qui habite chez son mec et qui me sous-loue sa piaule si je lui garde son chat alors que je déteste les chats. Tous les jours, je redoute qu'elle appelle. Alors souvent, j'éteins mon téléphone parce que tant qu'il est éteint, ils s'aiment et tant qu'ils s'aiment, ma situation est transitoire. Transitoire, c'est un mot qu'utilise mon assistante sociale. Moi je disais pourrie, elle m'a reprise et a dit : « Non, transitoire, Marie-Adélaïde ». Depuis, je le dis aussi mais ça ne m'empêche pas de penser pourrie.

Je ne sais pas si l'officier d'état civil était bourré ou inspiré quand il a choisi mon prénom mais il a fait une chose sans le savoir : il m'a donné un sursis. Née sous X, adoptée, trimballée dans des familles puis des foyers d'accueil, j'aurais dû m'appeler Malaury et tomber enceinte à 15 ans, normalement. À la place, je m'appelle MarieAdélaïde et je n'ai pas dit mon dernier mot. Il me reste un détail à régler cependant : mes sourcils. Trop fins, ils disent d'emblée des trucs disqualifiants sur moi. C'est cette conne de voisine qui a voulu s'exercer avant son examen d'esthétique-cosmétique. Tout le monde sait qu'il faut respecter leur ligne directrice, aux sourcils. Et surtout ne jamais toucher à leur tête, ni par le haut ni par le bas. Les élaguer tout au plus. C'est fournis qu'ils sont à la mode. Ça fait trois mois maintenant que je n'y touche plus. Il paraît qu'il en faut six pour qu'ils redeviennent comme avant.

Bosser ici, ce n'est pas définitif. Je le fais en attendant mieux. Comme je suis incapable de savoir ce que ça signifie, mieux, pour l'instant, c'est plus. Pour mon assistante sociale, c'est d'une nouvelle impulsion dont j'ai besoin. Elle a le chic pour farder la réalité de rose pastel, celle-là, à voir le verre à moitié plein, apprendre à ne plus être malheureux avant d'essayer d'être heureux, des conneries comme ça qu'elle assène toute la journée derrière son bureau saturé et ses murs recouverts d'aquarelles bon marché où la vie est douce et l'eau pas polluée. J'aimerais bien partir. Je le ferai bientôt, sans attendre que le Front national passe. Ce ne sont pas les racistes qui me donnent envie de me casser moi, ce sont tous les autres.

J'ai passé ma vie au bord des larmes. Je n'en ai laissé aucune se dérober, je les ai retenues et, je ne sais par quel miracle, elles n'ont jamais débordé de mes paupières, je les ai contenues, d'abord par orgueil, ensuite parce que, piégée dans mes hauteurs, je n'en ai plus eu. Faire comme si je m'en foutais, c'est de cela dont il a toujours été question dans ma vie. J'ai tenu longtemps cette posture, comme une seconde peau, étanche pour ne pas faire naufrage. Je croyais être plus forte que le supplice, à la hauteur de l'épreuve, je pensais être une parmi le millier de bâtards qui iraient mendier un nom à 18 ans, un élément, une petite note manuscrite pour expliquer l'irrémissible. J'aurais voulu avoir le courage d'affronter le dégoût de n'y trouver qu'une lettre, X, la plus vilaine de l'alphabet, celle dans laquelle on fait une carrière monstrueuse et ce n'est pas un hasard. Contrairement aux autres (je parle de ceux qui se réunissent au sein d'une association en pensant que ça fera moins mal), je n'ai jamais fantasmé ma mère biologique. J'ai bien réfléchi et j'en suis arrivée à la conclusion que je viens d'une famille de bourgeois. Pas pour me consoler mais parce que c'est logique. Les gros beaufs bouffeurs de surimi, ils les gardent les gosses, ils ne les abandonnent pas. Plus tard, les torgnoles pleuvent mais bizarrement l'affection est là. Les pauvres ont la mémoire courte parce qu'ils vivent à la petite semaine. Ce qu'ils aiment, ce sont les bébés trognons avec leurs petits petons tout mignons. Ils sont pleins d'espoir parce que c'est bon pour la santé. À défaut de manger des fruits, ils ont la banane et comme de toute façon ça ne sert à rien de tirer la gueule, autant prendre leur vie de merde du bon côté. Donc les pauvres gardent leurs gosses. Ce sont les bourgeois qui se débarrassent des mauvaises branches. Ils n'aiment pas les contraintes, peu importe leur nature, ils ont un projet de vie qu'ils n'envisagent qu'à long terme. Ils sont calmes, posés et réfléchis, les bourgeois, ils prennent du recul et regardent dans le vide pendant des plombes avant de prendre une décision. Mon grand-père a dû trancher comme ça : Tu abandonneras ce bébé et tout redeviendra comme avant. Ça a dû être bref. Comme le soupir qui l'a précédé. Ma mère a dû s'effondrer puis partir en voyage pendant quelques mois chez une tante. Les tantes servent à ça, souvent. Il y a toujours une tante dans un secret de famille. Dans le mien, il y en a une aussi, forcément. De toute façon, je ne m'en remettrais jamais si ça ne s'était pas passé comme ça. Je préfère être une gosse honteuse de la bourgeoisie qu'une morveuse voulue de la France souterraine. Inconcevable de provenir de cette misère crasse qui n'a rien de beau à dire, ni de moral, qui ignore même son indigence et se satisfait de sa médiocrité. De cette misère où l'on a le cheveu maigre et gras, les tempes trop courtes et la prémolaire en cavale. Où la télévision est constamment allumée et où le micro-ondes tourne à plein régime. Parce qu'on ne se sort jamais d'une naissance pareille. Ce n'est pas la belle misère, ça, digne et pudique, celle dont on s'enorgueillit quand on a réussi. Ce n'est pas la misère chic, faite de peu de mots et de multiples corvées. Ce n'est pas elle qui passe devant ma Miche Dorée avant Noël, le nouvel an, Halloween et la Saint-Valentin, le porte-monnaie affolé et la marmaille enragée. C'est du bétail tout habillé que je vois se précipiter dans les bazars « made in China » où la veste en peau de chat côtoie le sarouel en polyester toxique mais « vu sur Rihanna ». Je ne viens pas de là, je viens de là-bas. C'est obligé.

À 18 ans, j'aurais pu demander à consulter mon dossier. Je le peux toujours, cela dit, mais je sais qu'il n'y aura rien dedans. C'est ma mère après tout, on sent ce genre de choses. De toute façon, je préfère vivre mal qu'aller implorer de l'amour auprès d'une femme qui me l'a refusé quand j'en avais le plus besoin. Quand mon petit museau flairait une mamelle à téter et que je tombais sur un morceau de plastique, blottie dans des bras confortables, certes, mais pas bouleversés. Dans un pyjama bleu usé, les orteils recourbés, et que je pleurais à cause des étiquettes qui grattaient dans mon body élimé. « Elle a des coliques ou alors elle sent que sa mère l'a abandonnée », devaient chuchoter les infirmières, mais non, non, ça grattait dans ma nuque et sur ma taille, c'est tout. Une mère sait quand on pleure parce qu'on a mal ou parce que ça gratte. Une bonne mère découpe les étiquettes sur les vêtements avant d'en habiller son bébé, elle prévoit ce genre de chose, elle soulage son quotidien en se mettant à sa place, toujours, tout le temps. Une mère n'obéit pas à son père, elle obéit à son instinct. Et si elles pleurent comme des madeleines au moment de nous abandonner, c'est bien que ça existe, l'instinct maternel, bordel.

Et ce doudou. Je ne sais pas comment je dois le prendre. Au fond de moi, je crois avoir déjà répondu à cette question puisque je l'ai toujours, vingt-huit ans après, mais je préfère penser que c'est par superstition que je ne l'ai jamais étripé et jeté à la poubelle. Un éléphant rose en toile de Jouy. Dans mon berceau. À côté de moi. Qu'a-t-elle vu en dernier ? En s'éloignant et en se retournant, meurtrie par la douleur, qui a-t-elle aperçu en franchissant la porte de la chambre individuelle Amande ? Lui ou moi ? Comment n'a-t-elle pas évalué l'absurdité de son geste ? Et son indécence ? À quoi a-t-elle pensé en déposant le doudou contre mon minois endormi ? Qu'a-t-elle mis d'elle dans cette peluche censée veiller sur moi ? Qu'a-t-elle éprouvé après cette démonstration ridicule ? Pourquoi n'a-t-elle pas fait demi-tour ? Un demi-tour sec et convaincu qui n'appellerait rien d'autre. Un demi-tour irrévocable que personne n'aurait osé contrarier, ni sa tante ni sa mère et certainement pas son salaud de père qui devait attendre dans la voiture. Ces milliers de questions me rongent mais je fais comme si je m'en foutais. Elles me harcèlent, je les pourchasse puis elles me dévorent et je sombre. Je me consume de langueur, m'étiole au fil des ans, je me traîne dans une société où, à l'origine, je n'étais pas voulue et dont je ne suis toujours pas complice.

Une naissance pareille, quelle humiliation. Je m'en serais foutue, moi, de ne pas partir avec les mêmes chances dans la vie ; ce que j'aurais voulu, c'est partir avec elle. Qu'elle me choisisse, qu'elle m'aime n'importe comment, j'aurais voulu être son erreur, son boulet, j'aurais préféré être tout ça à la fois, m'en plaindre mais dans ses bras. Je l'aurais aimée à la rage, à la fureur, je l'aurais aimée de toute mon âme, de tous mes os, je l'aurais fumée d'amour, cette mère, si elle m'avait serrée contre elle comme dans une camisole de force, j'aurais voulu étouffer dans ses bras, sur ses seins, mourir d'amour sur elle, contre elle, mourir sereinement plutôt que de vivre grossièrement. À cause d'elle, je fais partie des statistiques qui montent puis baissent puis montent puis baissent, je fais partie des cas qu'on examine, des sujets qu'on traite, des lois qu'on vote, je suis un thème de choix pour les auteurs, un parcours intéressant pour les cinéastes qui abusent des questions sociales pour aller chercher un grand prix. Je fais la une des magazines de psychologie et quand cette salope tombe sur moi dans le sommaire, elle se détourne plutôt vers l'actrice en couverture et trouve qu'elle a pris un coup de vieux. J'aurais voulu tout faire pour ne pas lui ressembler en vieillissant, être dévastée de me reconnaître au fil du temps dans ses gestes, me battre contre ses minauderies qui deviendraient les miennes, j'aurais voulu être la fille qui part en lui claquant la porte au nez et revenir en l'ouvrant sans frapper. Parce qu'une mère, une bonne mère ne fait pas tout bien, elle fait plein de conneries, nous refile ses névroses et ses anévrismes, ses varices et ses pieds déformés mais elle laisse toujours la porte pas totalement fermée.

13,99 euros pour un café serré, une eau minérale, un sandwich au brie, une religieuse au café et un financier. Je ne regarde plus les clients à ma caisse, ils ressemblent tous aux précédents. Dans leurs porte-monnaie, aux gens, je vois des cartes de crédit et de fidélité, d'abonnement aussi, je vois des billets gris et des piécettes rouillées, je vois des Ticket-Restaurant, j'en encaisse aussi pas mal, je vois les photos d'identité de ceux qu'ils aiment et des reçus de carte bancaire chiffonnés qu'ils gardent pour les jeter un peu plus tard. Par gentillesse ou par obligation (je ne fais plus la différence), je fais remarquer à la dame qu'en ajoutant une quiche de catégorie A, elle entre dans le menu 2 de la formule du jour et se voit ainsi offrir une boisson chaude. Le temps flotte un instant. Je lève les yeux et je tombe nez à nez avec elle. Celle-là ne ressemble pas aux précédentes. Elle décline mon offre au lieu de se jeter dessus comme tous les autres. Elle la décline poliment. Trop. Comme c'est à la mode chez les riches de dire monsieur et madame aux pauvres. « Non merci, madame » mais moi je lis les menus par la gauche si vous voyez ce que je veux dire, voilà ce qu'elle m'a dit avec les yeux pendant ce temps de flottement, qu'elle n'en avait rien à foutre de ma formule A, B ou C, parce que les prix à La Miche Dorée ne seraient jamais un problème pour elle. Jamais.

Lorsqu'elle va s'asseoir, elle plonge son bras dans son cabas, ce cabas siglé dans lequel les femmes très occupées transportent leur vie et surtout des chaussures plates, en ressort un mini-paquet de lingettes et désinfecte tout. Elle en tend une à sa copine qui vient de la rejoindre. Comme des filles de la capitale, elles portent une tenue de sport éminemment sexy, ample en haut, moulante en bas, avec un manteau en alpaga une taille trop grande et des baskets de course alors qu'elles conduisent. Et ce chignon fascinant. Ce chignon qui sur elles tient tout seul, peloté d'un geste nonchalant au-dessus de la tête avec juste ce qu'il faut de baby hair en cascade. Elles sont comme ça, ces nanas-là, tout semble tombé juste sans effort, parce qu'elles l'ont décidé et que rien ne leur résiste. D'ailleurs, je suis sûre qu'elles n'en font même pas, du sport, elles adhèrent juste au mode de vie qui va avec, le jus détox dans une main et la clé du 4 × 4 dans l'autre. À cause d'elles, je me trompe dans la formule de cette famille moyenne qui rend l'éclair au chocolat du petit pour profiter de la formule « steak frites à gogo » et dont seules les tartes aux fruits font partie. Le môme se met à pleurer. Il s'arrêtera bien.

Je demande à ma collègue qui est grosse et qui s'appelle Fatma si elle peut me remplacer à la caisse. Comme à chaque fois, elle me répond, l'air abattu : « Bah pourquoi », sa mâchoire affaissée alourdissant chacune de ses syllabes. Pourquoi ne suffit pas à Fatma, elle ajoute Bah pour bien faire sentir qu'elle revient de loin et qu'elle n'est pas près d'accepter. Parfois, j'ai envie de lui dire qu'avec sa gueule, son cul et l'horizon qui se profile devant elle, elle ne devrait jamais demander pourquoi à qui que ce soit. Elle devrait s'exécuter et être heureuse de le faire. La grosse Fatma, je ne la regretterai pas quand je partirai loin d'ici. Elle veut porter le foulard, c'est ça, son grand projet. Elle m'a expliqué pourquoi un jour, je n'ai pas retenu la raison religieuse, il y avait trop de mots en arabe dans ce qu'elle disait, mais en gros, si elle veut le porter, c'est parce qu'elle est repoussante et qu'elle compte bien continuer à l'être.

Je balaye la salle en laissant traîner mes oreilles du côté de la table VIP. Elles grignotent, bavassent, raclent le tropplein de mayonnaise du sandwich, affichent une mine écœurée à chaque bouchée et se prennent en photo en pouffant. Ce qui les fait rire ? Être ici, semble-t-il. Déjeuner à La Miche Dorée. Bouffer de la merde et le raconter à leurs abonnés avec des hashtags qui soulignent leur autodérision. C'est mon quotidien, mon travail, c'est ma vie dont elles se moquent sur leurs selfies mis en ligne aussitôt avec une émoticône épouvantée en renfort. C'est pour ça que je déteste ces filles mais ça ne me dérangerait pas d'être elles quand même. Je pourrais très bien être elles en sympa moi. Une pétasse d'élevage mais avec du cœur.

Les maîtresses de Cléa et Eliott, c'est bon, l'auxiliaire de vie aussi, la directrice de l'école, la nana de la cantine, le prof d'anglais, la prof de danse, le prof de tennis, la nounou, les femmes de ménage, mon prof de Pilates, ma gardienne, la gardienne du bureau, l'hôtesse du rez-de-chaussée, le pédiatre, non le pédiatre j'peux pas lui acheter un truc merdique d'ici ...

Le vendeur d'à côté tapote contre la vitre. Elles se retournent, lui font un signe de la tête et l'une d'elles sort une clé, appuie dessus en visant sa voiture et là, le coffre s'ouvre tout seul. Naji (il s'appelle Najib mais sans le b il pense avoir plus de chance dans la vie) se dirige vers cet imposant bolide carré aux vitres fumées que je n'ai jamais vu nulle part. C'est au-delà d'une voiture de riche, c'est une voiture de puissant. L'œil moyen ne connaît pas ce modèle, qui d'ailleurs ne s'adresse pas à l'œil moyen.

Pour la secrétaire du pédiatre, une bougie parfumée c'est parfait, les enfants de Touria, le prof d'équitation, le palefrenier, les gardiens de Ramatuelle, mon coloriste, la secrétaire de mon psy, pour mon psy, par contre, je passerai chez Loro Piana ...

(Continues…)



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