Nineteenth-Century French Short Stories (Dual-Language)

Nineteenth-Century French Short Stories (Dual-Language)

by Stanley Appelbaum (Editor)

Paperback(Bilingual)

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Overview

This volume brings together six outstanding French tales, each by a different author, originally published between 1829 and 1886. Representing a variety of 10th-century literary trends (Romanticism, Realism, Naturalism, and even a foretaste of Symbolism), the stories include Mateo Falcone (by Prosper Mérimée), Sylvie (by Gérard de Nerval), Alphonse Daudet's La mule du Pape (The Pope's Mule), Gustave Flaubert's Hérodias (Herodias), Emile Zola's L'attaque du moulin (The Attack on the Mill), and Guy de Maupassant's Mademoiselle Perle (Miss Pearl). Editor and translator Stanley Appelbaum has provided accurate English interpretations (printed to align line-for-line with the French texts), an informative introduction, and notes on each selection.
This inexpensive edition provides a wonderful opportunity for students of French language and literature and anyone who loves short stories to sample a carefully chosen selection of the very best in the genre.

Product Details

ISBN-13: 9780486411262
Publisher: Dover Publications
Publication date: 02/26/2000
Series: Dover Dual Language French
Edition description: Bilingual
Pages: 272
Product dimensions: 5.50(w) x 8.50(h) x (d)

About the Author



Stanley Appelbaum served for decades as Dover's Editor in Chief until his retirement in 1996. He continues to work as a selector, compiler, editor, and translator of literature in a remarkable range of languages that includes Spanish, Italian, French, German, and Russian.

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Nineteenth-Century French Short Stories/Contes et Nouvells Français du XIXe Siécle

A Dual-Language Book


By STANLEY APPELBAUM

Dover Publications, Inc.

Copyright © 2000 Dover Publications, Inc.
All rights reserved.
ISBN: 978-0-486-12254-0



CHAPTER 1

PROSPER MÉRIMÉE


Mateo Falcone

En sortant de Porto-Vecchio et se dirigeant au nord-ouest, vers l'intérieur de l'île, on voit le terrain s'élever assez rapidement, et après trois heures de marche par des sentiers tortueux, obstrués par de gros quartiers de rocs, et quelquefois coupés par des ravins, on se trouve sur le bord d'un maquis très étendu. Le maquis est la patrie des bergers corses et de quiconque s'est brouillé avec la justice. Il faut savoir que le laboureur corse, pour s'épargner la peine de fumer son champ, met le feu à une certaine étendue de bois: tant pis si la flamme se répand plus loin que besoin n'est; arrive que pourra; on est sûr d'avoir une bonne récolte en semant sur cette terre fertilisée par les cendres des arbres qu'elle portait. Les épis enlevés, car on laisse la paille, qui donnerait de la paine à recueillir, les racines qui sont restées en terre sans se consumer poussent au printemps suivant, des cépées très épaisses qui, en peu d'années, parviennent à une hauteur de sept ou huit pieds. C'est cette manière de taillis fourré que l'on nomme maquis. Différentes espèces d'arbres et d'arbrisseaux le composent, mêlés et confondus comme il plaît à Dieu. Ce n'est que la hache à la main que l'homme s'y ouvrirait un passage, et l'on voit des maquis si épais et si touffus, que les mouflons eux-mêmes ne peuvent y pénétrer.

Si vous avez tué un homme, allez dans le maquis de Porto-Vecchio, et vous y vivrez en sûreté, avec un bon fusil, de la poudre et des balles; n'oubliez pas un manteau brun garni d'un capuchon, qui sert de couverture et de matelas. Les bergers vous donnent du lait, du fromage et des châtaignes, et vous n'aurez rien à craindre de la justice ou des parents du mort, si ce n'est quand il vous faudra descendre à la ville pour y renouveler vos munitions.

Mateo Falcone, quand j'étais en Corse en 18—, avait sa maison à une demi-lieue de ce maquis. C'était un homme assez riche pour le pays; vivant noblement, c'est-à-dire sans rien faire, du produit de ses troupeaux, que des bergers, espèces de nomades, menaient paître çà et là sur les montagnes. Lorsque je le vis, deux années après l'événement que je vais raconter, il me parut âgé de cinquante ans tout au plus. Figurez-vous un homme petit, mais robuste, avec des cheveux crépus, noirs comme le jais, un nez aquilin, les lèvres minces, les yeux grands et vifs, et un teint couleur de revers de botte. Son habileté au tir du fusil passait pour extraordinaire, même dans son pays, où il y a tant de bons tireurs. Par exemple, Mateo n'aurait jamais tiré sur un mouflon avec des chevrotines; mais, à cent vingt pas, il l'abattait d'une balle dans la tête ou dans l'épaule, à son choix. La nuit, il se servait de ses armes aussi facilement que le jour, et l'on m'a cité de lui ce trait d'adresse qui paraîtra peut-être incroyable à qui n'a pas voyagé en Corse. A quatre- vingts pas, on plaçait une chandelle allumée derrière un transparent de papier, large comme une assiette. Il mettait enjoué, puis on éteignait la chandelle, et, au bout d'une minute dans l'obscurité la plus complète, il tirait et perçait le transparent trois fois sur quatre.

Avec un mérite aussi transcendant Mateo Falcone s'était attiré une grande réputation. On le disait aussi bon ami que dangereux ennemi: d'ailleurs serviable et faisant l'aumône, il vivait en paix avec tout le monde dans le district de Porto-Vecchio. Mais on contait de lui qu'à Corte, où il avait pris femme, il s'était débarrassé fort vigoureusement d'un rival qui passait pour aussi redoutable en guerre qu'en amour: du moins on attribuait à Mateo certain coup de fusil qui surprit ce rival comme il était à se raser devant un petit miroir pendu à sa fenêtre. L'affaire assoupie, Mateo se maria. Sa femme Giuseppa lui avait donné d'abord trois filles (dont il enrageait), et enfin un fils, qu'il nomma Fortunato: c'était l'espoir de sa famille, l'héritier du nom. Les filles étaient bien mariées: leur père pouvait compter au besoin sur les poignards et les escopettes de ses gendres. Le fils n'avait que dix ans, mais il annonçait déjà d'heureuses dispositions.

Un certain jour d'automne, Mateo sortit de bonne heure avec sa femme pour aller visiter un de ses troupeaux dans une clairière du maquis. Le petit Fortunato voulait l'accompagner, mais la clairière était trop loin; d'ailleurs, il fallait bien que quelqu'un restât pour garder la maison; le père refusa donc: on verra s'il n'eut pas lieu de s'en repentir.

Il était absent depuis quelques heures et le petit Fortunato était tranquillement étendu au soleil, regardant les montagnes bleues, et pensant que, le dimanche prochain, il irait dîner à la ville, chez son oncle le caporal, quand il fut soudainement interrompu dans ses méditations par l'explosion d'une arme à feu. Il se leva et se tourna du côté de la plaine d'où portait ce bruit. D'autres coups de fusil se succédèrent, tirés à intervalles inégaux, et toujours de plus en plus rapprochés; enfin, dans le sentier qui menait de la plaine à la maison de Mateo parut un homme, coiffé d'un bonnet pointu comme en portent les montagnards, barbu, couvert de haillons, et se traînant avec peine en s'appuyant sur son fusil. Il venait de recevoir un coup de feu dans la cuisse.

Cet homme était un bandit, qui étant parti de nuit pour aller chercher de la poudre à la ville, était tombé en route dans une embuscade de voltigeurs corses. Après une vigoureuse défense, il était parvenu à faire sa retraite, vivement poursuivi et tiraillant de rocher en rocher. Mais il avait peu d'avance sur les soldats et sa blessure le mettait hors d'état de gagner le maquis avant d'être rejoint. Il s'approcha de Fortunato et lui dit:

«Tu es le fils de Mateo Falcone?

— Oui.

— Moi, je suis Gianetto Sanpiero. Je suis poursuivi par les collets jaunes. Cache-moi, car je ne puis aller plus loin.

— Et que dira mon père si je te cache sans sa permission?

— Il dira que tu as bien fait.

— Qui sait?

— Cache-moi vite; ils viennent.

— Attends que mon père soit revenu.

— Que j'attende? malédiction! Ils seront ici dans cinq minutes. Allons, cache-moi, ou je te tue.»

Fortunato lui répondit avec le plus grand sang-froid:

«Ton fusil est déchargé, et il n'y a plus de cartouches dans ta carchera.

— J'ai mon stylet.

— Mais courras-tu aussi vite que moi?»

Il fit un saut, et se mit hors d'atteinte.

«Tu n'es pas le fils de Mateo Falcone! Me laisseras-tu donc arrêter devant ta maison?»

L'enfant parut touché.

«Que me donneras-tu si je te cache?» dit-il en se rapprochant.

Le bandit fouilla dans une poche de cuir qui pendait à sa ceinture, et il en tira une pièce de cinq francs qu'il avait réservée sans doute pour acheter de la poudre. Fortunato sourit à la vue de la pièce d'argent; il s'en saisit, et dit à Gianetto:

«Ne crains rien.»

Aussitôt il fit un grand trou dans un tas de foin placé auprès de la maison. Gianetto s'y blottit, et l'enfant le recouvrit de manière à lui laisser un peu d'air pour respirer, sans qu'il fût possible cependant de soupçonner que ce foin cachât un homme. Il s'avisa, de plus, d'une finesse de sauvage assez ingénieuse. Il alla prendre une chatte et ses petits, et les établit sur le tas de foin pour faire croire qu'il n'avait pas été remué depuis peu. Ensuite, remarquant des traces de sang sur le sentier près de la maison, il les couvrit de poussière avec soin, et cela fait, il se recoucha au soleil avec la plus grande tranquillité.

Quelques minutes après, six hommes en uniforme brun à collet jaune, et commandés par un adjudant, étaient devant la porte de Mateo. Cet adjudant était quelque peu parent de Falcone. (On sait qu'en Corse on suit les degrés de parenté beaucoup plus loin qu'ailleurs.) Il se nommait Tiodoro Gamba: c'était un homme actif, fort redouté des bandits dont il avait déjà traqué plusieurs.

«Bonjour, petit cousin, dit-il à Fortunato en l'abordant: comme te voilà grandi! As-tu vu passer un homme tout à l'heure?

— Oh! je ne suis pas encore si grand que vous, mon cousin, répondit l'enfant d'un air niais.

— Cela viendra. Mais n'as-tu pas vu passer un homme, dis-moi?

— Si j'ai vu passer un homme?

— Oui, un homme avec un bonnet pointu en velours noir, et une veste brodée de rouge et de jaune?

— Un homme avec un bonnet pointu, et une veste brodée de rouge et de jaune?


PROSPER MÉRIMÉE


Mateo Falcone

Leaving Porto-Vecchio and heading northwest, toward the interior of the island, you see the terrain rising quite rapidly; and after walking three hours along twisting paths, obstructed by large boulders and sometimes intersected by ravines, you find yourself at the edge of a very extensive area of brushwood. This brush is the home of the Corsican shepherds and of anyone who has fallen afoul of the law. You must know that the Corsican farmer, to save himself the trouble of manuring his field, sets fire to a certain stretch of forest: it's just too bad if the flames spread farther than necessary—let things take their course!—he'll be sure to have a good crop if he sows on that soil fertilized by the ashes of the trees that once grew on it. After the ears of grain are removed—they leave the stalks, which would be bothersome to gather—the roots that have remained in the soil without being burned put out shoots the following spring, very thick clusters that in a very few years reach a height of seven or eight feet. It is this type of dense underbrush that is called maquis. It is made up of various species of trees and bushes, mingled and confused as God wishes. A man can only open a passage through it with an axe in his hands, and you can find areas of brush so thick and close that even the wild sheep can't penetrate them.

If you've killed a man, go to the Porto-Vecchio maquis, and you'll be safe there with a good rifle, powder, and bullets; don't forget a brown cape furnished with a hood, which serves as a blanket and a mattress. The shepherds will give you milk, cheese, and chestnuts, and you'll have nothing to fear from the law or the dead man's relatives, except when you have to go down to the town to get more ammunition there.

When I was in Corsica in 18—, Mateo Falcone's house was located half a league from this maquis. He was rather wealthy for that vicinity, living like a nobleman—that is, he did no work himself, but lived off the produce of his flocks, which shepherds of a nomadic type led out to graze here and there in the mountains. When I saw him, two years after the event I'm about to narrate, he seemed to me to be fifty at the very most. Picture a short but robust man with frizzy hair as black as jet, an aquiline nose, thin lips, large, alert eyes, and a complexion the color of boot tops. His skill with a rifle was deemed extraordinary, even in his country, where there are so many good shots. For example, Mateo would never have fired at a wild sheep with buckshot, but, at a hundred twenty paces, he would bring it down with a bullet in the head or shoulder, just as he chose. He used his weapons at night as easily as by day, and I've been told about a feat of his that may seem incredible to those who haven't visited Corsica. At eighty paces, a lighted candle was placed behind a sheet of translucent paper the width of a plate. He took aim, then the candle was extinguished, and after a minute in the most total darkness, he would fire, hitting the paper three times out of four.

With such transcendent merit, Mateo Falcone had acquired a great reputation. He was said to be as good to have as a friend as he was dangerous to have as an enemy: helpful and charitable besides, he lived at peace with everyone in the Porto-Vecchio district. But the story was told of him that, in Corte, where he had taken a wife, he had most vigorously gotten rid of a rival said to be as formidable in war as in love: at least, Mateo was credited with a certain rifle shot that took this rival by surprise as he was shaving in front of a small mirror hanging in his window. When the matter had quieted down, Mateo married. His wife, Giuseppa, had at first given him three daughters (which made him furious), but finally a son, whom he named Fortunato: he was the hope of the family, the heir to his name. The girls had made good marriages: their father could count on the daggers and blunderbusses of his sons-in-law in an emergency. The son was only ten, but he already gave promise of gratifying natural gifts.

On a certain autumn day, Mateo went out early with his wife to visit one of his flocks in a clearing in the maquis. Little Fortunato wanted to accompany him, but the clearing was too far; besides, it was necessary for someone to stay and guard the house; thus, his father refused: we shall see whether he didn't have occasion to regret it.

He had been gone for several hours, and little Fortunato was peacefully stretched out in the sun, looking at the blue mountains and thinking that, on the following Sunday, he would go and dine in town at the home of his uncle the caporale, when he was suddenly interrupted in his meditations by the report of a firearm. He got up and turned toward the direction in the plain from which that sound had come. Other rifle shots followed, fired at unequal intervals, and coming nearer and nearer all the time; at last, on the path that led from the plain to Mateo's house, there appeared a man wearing a pointed cap like those worn by mountaineers; he was bearded, covered with rags, and dragging himself along painfully, using his rifle for support. He had just been shot in the thigh.

This man was a bandit who had set out at night to get gunpowder in town and, on the way, had fallen into an ambush laid by Corsican light infantryman. After defending himself vigorously, he had managed to beat a retreat, eagerly pursued and taking pot shots from one boulder to another. But he wasn't far ahead of the soldiers, and his wound made him incapable of reaching the maquis before they caught up with him.

He approached Fortunato and said:

"You're the son of Mateo Falcone?"

"Yes."

"I'm Gianetto Sanpiero. I'm being pursued by the yellow collars. Hide me, because I can't go any farther."

"And what will my father say if I hide you without his permission?"

"He'll say you did the right thing."

"Who knows?"

"Hide me fast; they're coming."

"Wait for my father to get back."

"Wait? Damnation! They'll be here in five minutes. Come on, hide me, or I'll kill you."

Fortunato replied with the greatest coolness:

"Your rifle is unloaded and there are no more cartridges in your carchera."

"I have my stiletto."

"But will you run as fast as me?"

He made a jump, placing himself out of reach.

"You're not the son of Mateo Falcone! So you'll let me be arrested in front of your house?"

The child seemed to be affected by this.

"What'll you give me if I hide you?" he asked, coming closer.

The bandit groped through a leather pouch that hung from his belt, and pulled out a five- franc piece that he had no doubt kept to buy powder with. Fortunato smiled when he saw the silver coin; he seized it, saying to Gianetto:

"Don't worry about a thing."

At once he made a large hole in a haystack located near the house. Gianetto huddled in it, and the child covered him up in such a way that he left him a little air to breathe, but it was nevertheless impossible to suspect that the hay concealed a man. On top of that, he thought of a primitive ruse that was quite ingenious. He went and got a cat and her kittens and placed them on the haystack to give the impression that it hadn't been touched recently. Next, noticing traces of blood on the path near the house, he carefully covered them with dust; after that, he lay down in the sun again as calmly as could be.

A few minutes later, six men in brown uniforms with yellow collars, commanded by a sergeant-major, stood in front of Mateo's door. This sergeant was very slightly related to Falcone. (As is well known, in Corsica degrees of kinship are traced much further than elsewhere.) His name was Tiodoro Gamba; he was an active man, much dreaded by the bandits, several of whom he had already tracked down.

"Hello, little cousin," he said to Fortunato, coming up to him. "My, but you've grown! Did you see a man go by a little while ago?"

"Oh! I'm still not as big as you, cousin," the child replied, playing the simpleton.

"You'll get there. But, tell me, didn't you see a man go by?"

"Did I see a man go by?"

"Yes, a man with a black-velvet pointed cap and a jacket embroidered in red and yellow."

"A man with a pointed cap and a jacket embroidered in red and yellow?"


(Continues...)

Excerpted from Nineteenth-Century French Short Stories/Contes et Nouvells Français du XIXe Siécle by STANLEY APPELBAUM. Copyright © 2000 Dover Publications, Inc.. Excerpted by permission of Dover Publications, Inc..
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Table of Contents

Introduction
Prosper Mérimée
Mateo Falcone / Mateo Falcone
Gérard de Nerval
Sylvie / Sylvie
Alphonse Daudet
La mule du Pape / The Pope's Mule
Gustave Flaubert
Hérodias / Herodias
Emile Zola
L'attaque du moulin / The Attack on the Mill
Guy de Maupassant
Mademoiselle Perle / Miss Pearl
Notes

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